Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne
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>>Ndour MarameMlle Marame NDOUR Doctorante en Science Politique Adresse postale : CRPS, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), UFR Science Politique (UFR 11), 17 rue de la Sorbonne, F-75005 Paris
Liens : Département de Science Politique de la Sorbonne (UFR 11) - Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne (CRPS) Mail : Marame.Ndour@malix.univ-paris1.fr
THESE Intitulé de la thèse :L’OMS face à la cause de l’accès aux médicaments. Directeur de thèse :Johanna Siméant Résumé de la thèse L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la principale organisation internationale (OI) qui a pour vocation de traiter des questions de santé au niveau mondial. Elle avait comme but à sa création « d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible » [1]. On constate pourtant, année après année, la dégradation du niveau de santé de certaines populations dans les pays pauvres et inversement l’aggravation des inégalités en matière de santé dans le monde. Ce constat fait par des ONG (humanitaires, médicales, de développement...), et partagé par les Etats et les organisations internationales [2], a contribué au retour de la santé dans les préoccupations internationales. Au regard des nombreux facteurs qui déterminent l’état de santé d’une population, l’accès aux médicaments [3] est devenu une variable clef. Les malades au sein des pays pauvres feraient face non seulement au manque de traitements innovants mais aussi au coût trop élevé des médicaments. Dans un contexte mondialisé [4], ce critère a été retenu et imposé par certains acteurs de société civile. Ces acteurs ont ainsi, à une échelle transnationale, entrepris de construire et de défendre, sur la base de plusieurs répertoires d’action [5], la « cause de l’accès aux médicaments ». Les défenseurs de cette cause en ont fait un enjeu public, politique [6] et économique mondial. Chacun mettant l’accent sur le caractère non soutenable du système actuel de production et de protection des biens pharmaceutique qui prive plus de la moitié de la population mondiale de médicaments. En marge de l’OMS, le débat est très vite devenu politique, opposant clairement et de manière presque manichéenne deux visions : le médicament comme un bien économique exclusif et le médicament comme un bien essentiel [7], dont on doit absolument garantir l’accès pour tous et ce par tous les moyens possibles. Le but de notre recherche est de savoir dans quelle mesure et de quelle façon cette organisation internationale intègre une cause fabriquée, instrumentalisée et imposée par des expertises concurrentes. Notre démarche sera de décrire comment et pourquoi plusieurs groupes d’acteurs [8] relativement différents ont convergé, à un moment donné, sur cette cause, chacun la construisant et l’objectivant à sa façon. Puis, nous tenterons d’apporter une réponse à notre problématique centrale : comment une organisation internationale, en l’occurrence l’OMS a-t-elle réagi face à la construction d’une cause - la concernant directement - par des acteurs extérieurs ayant développé une expertise concurrente à la sienne ? Nous examinerons la manière dont l’organisation déjà sous pression financière et politique, marginalisée a tenté de se repositionner dans l’espace international face à ces nouveaux faiseurs de politiques publiques, des acteurs privés aux intérêts parfois diamétralement opposés. Nous mènerons notre travail de réflexion en empruntant des éléments d’analyse à plusieurs sous-disciplines de la science politique [9]. Notre objectif sera de décrire en la documentant empiriquement les modalités concrètes d’une gouvernance singulière, experte et militante à la fois. Nous essaierons d’en déduire ce qui fait que la contestation « prend » et mène à une situation où des Etats et des organisations internationales se raccrochent à une cause transnationale, cédant de nouveaux espaces politiques mais aussi à des manières de faire alternatives. FORMATION 2007 :1ère année de doctorat en sciences politiques à la Sorbonne, Paris I 2006 :DEA en sciences politiques mention Etudes Africaines à la Sorbonne, Paris I
2005 :DESS en Économie et Relations Internationales à l’Institut des Relations Internationales et stratégiques (IRIS)
2004 :1ère et 2ème année de Maîtrise Sciences et Techniques à l’Institut d’Études européennes (IEE) de l’Université Paris VIII. Spécialisation : développement économique régional et commerce international
PUBLICATIONS « Partenariats public-privé mondiaux pour la santé. L’émergence d’une gouvernance transnationale des problèmes de santé des pays en développement ? »,Idées pour le débat, Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), janvier 2006 « Analyse de la stratégie de responsabilité sociale et de développement durable des entreprises du médicament. Clefs de lecture et évaluation d’une démarche sectorielle »,Rapport de la Chaire Développement durable de Science Po et de l’IDDRI, décembre 2007 COLLOQUES/SEMINAIRES/JOURNEES D’ETUDES 5 octobre 2007, Paris « Des causes (in)solubles dans l’altermondialisme ? Retour sur les mobilisations antisida et en faveur de l’accès aux médicaments au Forum social mondial de Nairobi en 2007 »,Journée d’études « Un FSM en Afrique. Nairobi 2007 »organisée par l’ANR Causes africaines (CRPS - CEAN - CEMAF - ISP, avec le soutien de l’IFRA de Nairobi) ENGAGEMENTS ASSOCIATIFS REFDAF :Réseau des Femmes pour le Développement Durable en Afrique. Aide pour le montage de divers projets, les demandes de financement ; élaboration et gestion du site Internet www.refdaf.org LANGUES & connaissances de l’outil informatique Anglais & Allemand : courant Espagnol : débutant Wolof : courant
Informatique : Word, Excel, Access, PowerPoint, Internet (notions en création et référencement de sites web) |
| [1] Constitution de l’OMS, article 1 [2] L’organisation des Nations-Unies (ONU), par la Déclaration du Millénaire en 2000, a édicté les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), censés servir de guide aux acteurs de la coopération. Ces 8 objectifs visent à promouvoir le développement et à réduire la pauvreté. Trois d’entre eux sont liés à la santé : réduction des 2/3 de la mortalité infantile, des 3/4 de la mortalité maternelle ; arrêt de la progression du Sida, de la tuberculose et du paludisme. [3] L’accès se traduit par la disponibilité physique et géographique mais également le prix abordable des médicaments [4] Les médicaments considérés comme des biens marchands sont presque exclusivement produits dans les pays industrialisés. Ce sont des biens aujourd’hui régis par le droit commercial international et protégés par le droit de la propriété intellectuelle, ce qui explique pourquoi l’accès aux médicaments et la santé publique sont débattus dorénavant à l’organisation mondiale du commerce (OMC). [5] Notion empruntée à Charles Tilly, La France conteste, de 1600 à nos jours, Fayard, 1986 [6] En interpellant les autorités politiques au niveau local mais aussi les organisations internationales et les pays riches et en les sommant de prendre des mesures publiques qui s’imposent. Par exemple, délivrer les médicaments antisida ou antirétroviraux (ARV) pour contenir l’épidémie du VIH/Sida en Afrique ; accroître les budgets de santé et la part de l’aide destinée aux initiatives pour la santé ; annuler la dette des pays pauvres dont certains ont connu les effets dévastateurs de l’ajustement structurel sur leur niveau de santé publique etc. [7] « Bien essentiel » car indispensable pour garantir la santé qui, elle, est considérée comme un bien public. C.f Kaul, I., Grunberg, I., Stern, M., (1999), Global Public Goods : International Cooperation in the 21st Century. New York, PNUD-Oxford University Press. [8] Des ONG médicales, des associations de défense des consommateurs/des malades, et des mouvements sociaux, ces derniers proches du terrain et des malades cherchent des alternatives et ont développé une « expertise associative » ; des groupes de réflexion et d’influence qui luttent contre la privatisation de la connaissance et des technologies médicales (brevets) qui objectivent leur lutte à travers l’expertise et qui fonctionnent comme des communautés épistémiques (juristes, économistes, journalistes, chercheurs, universitaires) ; des ONG de défense des droits de l’Homme et du développement qui considèrent que la lutte pour améliorer la santé est indissociable de celle pour améliorer le niveau de développement. [9] Relations internationales, sociologie politique, sociologie des groupes d’intérêts, sociologie du militantisme, économie politique internationale |